Qui est Marguerite ?

Non, il ne s’agit pas de l’histoire d’une vache mais bel et bien de mon amie Marguerite. Celle qui rumine toute la journée quand mon environnement extérieur lui suggère des signaux de danger. Marguerite est aussi envahissante qu’un bovin mais elle sait se faire discrète.

En tout cas, de l’extérieur, elle est invisible. Elle se cache à l’intérieur de moi et se réveille sans crier gare en fonction des expériences que je vis. Pas n’importe quelles sortes d’expériences. Celles qui mettent en branle mon système interne, qui le font s’alarmer pour éviter de mourir (ça paraît extrême mais c’est LA finalité du système nerveux autonome, te garder en vie 😅). Celles perçues comme stressantes…

Quel est son mode opératoire?

A ce moment-là, Marguerite arrive dans ses petits souliers et s’installe au coin du feu instillant des stimuli à mon esprit. Ce dernier met en marche la boîte infernale à pensées. Une fois lancée, elle est capable de produire des idées, des phrases par dizaine, par centaine, par millier… Une pensée entraînant la suivante. Un truc sans fin 😱

Ces messages sont loin d’être bienveillants et rassurants. Au contraire, ils mettent le feu aux poudres là où le terrain est déjà bien assez fertile, cafi de fantômes du passé, de peurs irrationnelles et anticipatoires. Les émotions et les manifestations corporelles accompagnent cette danse déprimante intensifiant l’expérience vécue.  

Auparavant, je me sentais prise au piège comme si ce flux envahissant de réflexions n’allait jamais s’arrêter. Cette machine pouvait devenir incontrôlable et s’emballer si je lui portais trop d’attention.

Qui se cache derrière Marguerite?

Et oui, bien joué ! Je te parle bien ici de l’anxiété au travers du prisme de mon propre vécu corporel et cognitif.

Au fil des années, j’ai fait le choix de regarder Marguerite droit dans les yeux, d’observer minutieusement son fonctionnement et ses caractéristiques pour ne plus me laisser surprendre.

Le coaching psycho émotionnel m’a permis entre-autres de prendre du recul vis-à-vis de ces événements colorés de stress et petit à petit de me détacher de cette frénésie interne. En revanche, je sais que ce mécanisme existe, je sais ce qu’il est capable de faire et pour être honnête je n’ai pas réussi à le faire cesser. Je peux rester dans un état anxieux plusieurs jours tout en sachant consciemment que je vais en sortir et que cela va passer. Ce qui ne génère pas moins d’inconfort.

Le corps ou l’esprit?

Dans ce marasme, je ne sais qui fait remonter en premier au capitaine du navire qu’est mon cerveau les informations terrifiantes, ubuesques et paralysantes. Est-ce mon corps puis mon esprit? Mon esprit puis mon corps ? Peu importe le sens, mes sens sont en alertes me laissant un intérieur sans dessus dessous (oui l’anxiété ça m’inspire… quand la vague est passée bien sûr 😅).

Un sentiment de chaos comme si Marguerite me piétinait lourdement sur la cage thoracique qui referme mon cœur battant à tire-d’aile, se désynchronisant peu à peu tout comme la chimie de mon corps.

Ce que j’ai appris et que je transmets

Aujourd’hui, je sais que Marguerite est là plus ou moins silencieuse et qu’elle scrute mon environnement à chaque seconde, à l’affût des changements menaçants. Elle croit bien faire pour me protéger et d’ailleurs sa seule obsession c’est ma SURVIE. Je trouve juste que parfois elle en fait des caisses, et qu’elle joue sa Drama Queen pensant qu’un événement douloureux du passé est de nouveau en train de se reproduire.

Alors même si elle me coûte mon énergie, je lui adresse un grand MERCI. Oui ! Un grand merci de me faire connaître cet inconfort. Cet inconfort qui ne dure pas, cette sensation désagréable qui s’estompe et qui finit par s’arrêter au profit de la créativité, de la joie, de la connexion aux autres…

Et puis, grâce à elle, je grandis, j’apprends, je guéris. Je deviens une fine observatrice de mes sensations, je deviens une meilleure gardienne de mon âme en posant mes limites et j’apprends encore. J’apprends à reconnaître les expressions de mon corps, j’apprends à lire mes pensées. Même si certaines d’entre elles sont tenaces, me rendent triste et me font douter, trembler un instant, je sais qu’elles ne me définissent pas. Je sais que j’ai encore du chemin à faire. Ces apprentissages, j’ai à cœur de te les partager afin que toi aussi tu traces ton propre chemin vers le mieux-être.

Mes trucs et astuces

Alors j’écris. Je me rends compte de l’irrationalité de ces pensées angoissantes, de leur tentative d’influence pour me maintenir en sécurité et revenir à ma vie d’avant. Celle qui était peut être plus sécurisante (en apparence) pour mon système nerveux et si insipide voire mortifère pour mon âme qui fanait à la lueur de l’ennui.

Dans ce flux continue que nous appelons « jours », j’expérimente les clés, les outils qui me permettent de revenir à moi. Et parmi les plus complexes, mon corps et mon esprit préfèrent les plus simples comme par exemple la respiration.

Cette respiration qui recrée le mouvement dans un corps figé par l’anxiété, une oscillation continue, une vague de calme qui caresse tous les organes les uns après les autres. Que ce soit la cohérence cardiaque ou tout autre technique,  je parviens au fil du temps à revenir dans mon cœur, dans cet espace où je peux créer, où je peux ressentir de la gratitude, où je peux me sentir confiante, où je peux entrer en relation avec les autres…

Mon environnement extérieur est toujours le même. Ce qui a réveillé Marguerite est présent. Pourtant je me sens mieux. J’ai réussi à modifier mon intérieur, j’ai réussi à m’adapter car j’ai choisi de sortir de cet état d’anxiété consciemment. Cela a pris du temps et j’espère que la prochaine fois j’en gagnerai.

Je suis fière de constater cette résilience grandissante. Je sais le chemin de l’entreprenariat tumultueux pour le système nerveux. Je sais que je suis capable de l’emprunter avec courage. Je sais que tout est parfait, que tout est ajusté.

 

 

¡ Adiós !

A toi mon amie Marguerite, à toi l’anxiété, merci d’être là car grâce à toi ma route vers la pleine conscience et la sagesse est fleurissante et riche. J’espère aussi qu’un jour, je te dirai au revoir.

Si cet article t’a plu, t’a interpelé ou si tu t’es reconnu(e) à la lecture de ces mots, laisse un commentaire !  🫶✨